Comprendre son bilanCompte de résultat · L'exploitation

Excédent brut d'exploitation (EBE)

Ce que l'exploitation dégage avant toute décision d'investissement, de financement et de fiscalité : valeur ajoutée, plus les subventions d'exploitation, moins les impôts et taxes et les charges de personnel. C'est le cousin français de l'EBITDA.

Solde intermédiaire de gestion. Le meilleur indicateur de la performance du métier seul.

Ce que cette ligne contient

Valeur ajoutée

La richesse créée.

+ Subventions d'exploitation

Les aides reçues au titre de l'activité.

− Impôts et taxes

Hors impôt sur les bénéfices.

− Charges de personnel

Salaires et cotisations patronales.

Comment l'interpréter

Positif et stable

Le métier produit du cash, indépendamment de la façon dont il est financé. C'est l'argument central d'un dossier de crédit.

Négatif

L'exploitation consomme de l'argent. Aucun financement ne corrige durablement cela — il ne fait que reculer l'échéance.

Impact sur le bilan et la trésorerie

Résultat

Il devient le résultat d'exploitation une fois les amortissements déduits.

Trésorerie

C'est le point de départ de la capacité d'autofinancement, donc du remboursement.

Bilan

Rapporté à la dette, il donne le levier — le ratio qui décide le plus souvent d'un accord.

L'œil du banquier

C'est son chiffre de travail. Il le rapporte à votre dette financière pour obtenir votre capacité de remboursement en années, et au chiffre d'affaires pour vous comparer à votre secteur. Connaissez-le par cœur : il ouvrira la conversation.

Aller plus loinExcédent brut d'exploitation : le seul chiffre à suivre tous les mois

Si vous ne devez suivre qu'un indicateur entre deux bilans, c'est celui-là. Ni le chiffre d'affaires, ni le résultat net.

Lire l'article

Quelles sont les autres pages importantes d'un bilan ?

Votre liasse fiscale, tableau par tableau : ce que contient chaque page, et celles que votre banquier scrute en premier.

n° 1
Le bilan actif (2050)

Où est allé l'argent : immobilisations, stocks, créances, trésorerie. En trois colonnes : brut, amortissements, net.

n° 2
Le bilan passif (2051)

D'où vient l'argent : capitaux propres, provisions, dettes financières et d'exploitation.

n° 3
Le compte de résultat (2052)

Le film de l'année : produits et charges d'exploitation, jusqu'au résultat d'exploitation.

n° 4
Le compte de résultat, suite (2053)

Le financier, l'exceptionnel, la participation des salariés et l'impôt : jusqu'au résultat net.

n° 5
Les immobilisations (2054)★

Tous les mouvements d'investissement de l'année : acquisitions, cessions, virements, poste par poste. Pourquoi le banquier le scrute : il y voit si vous renouvelez votre outil de travail ou si vous vivez sur vos acquis, et ce qu'il pourrait prendre en garantie.

n° 6
Les amortissements (2055)

L'usure comptable de vos immobilisations : dotations de l'année et cumuls, mode linéaire ou dégressif.

n° 7
Les provisions (2056)

Les risques provisionnés : dotations et reprises de l'exercice, nature par nature.

n° 8
L'état des échéances des créances et des dettes (2057)★

Qui vous doit quoi, ce que vous devez, et surtout à quelle échéance : à moins d'un an, de 1 à 5 ans, au-delà. Pourquoi c'est capital : c'est ici que le banquier lit votre mur de dette à court terme et la vraie liquidité de vos créances. Le tableau le plus parlant de toute la liasse pour un prêteur.

n° 9
La détermination du résultat fiscal (2058-A)

Le passage du résultat comptable au résultat imposable : réintégrations et déductions fiscales.

n° 10
Le suivi des déficits (2058-B)

Vos pertes passées reportables : celles qui viendront réduire les impôts des années suivantes.

n° 11
L'affectation du résultat et renseignements divers (2058-C)★

Ce que vous avez fait du bénéfice : réserves, dividendes, report à nouveau. Et des pépites cachées : engagements de crédit-bail, sous-traitance, loyers, rémunérations d'intermédiaires. Pourquoi le banquier adore : les dividendes prélevés et le crédit-bail absent du bilan sont ici, noir sur blanc.

n° 12 à 15
Les plus et moins-values (2059-A à D)

Le détail fiscal des cessions d'actifs : gains, pertes, et leurs régimes d'imposition.

n° 16
La valeur ajoutée produite (2059-E)★

La richesse réellement créée par l'entreprise sur l'exercice (elle sert de base à la CVAE). Pourquoi ça compte : c'est d'elle que découlent l'EBE et votre capacité à payer les salaires, l'État… et les échéances de la banque. Un analyste la compare toujours à celle de votre secteur.

n° 17
La composition du capital social (2059-F)

Qui détient l'entreprise : la liste des associés et la répartition des parts.

n° 18
Les filiales et participations (2059-G)

Vos participations dans d'autres sociétés : périmètre du groupe éventuel.

★ Les tableaux que votre banquier regarde en premier. Numérotation officielle des tableaux de la liasse fiscale (imprimés 2050 et suivants), dans la section « imprimés fiscaux » de votre plaquette.

Toutes les lignes, expliquées simplement

À quoi correspond cette ligne dans votre bilan ?

Déposez votre bilan : chaque ligne est analysée, comparée à votre secteur, et traduite en points forts et points de vigilance.

Analyser mon bilan gratuitement