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Couverture des intérêts : le seuil où un dossier bascule

Ce ratio ne regarde pas le remboursement du capital, mais le simple coût de la dette. C'est son intérêt : il mesure votre capacité à payer vos intérêts dans les plus mauvaises années, celles où le capital se renégocie mais où les intérêts tombent quand même.

2 octobre 2026 · 4 min de lecture

Le plancher de toute dette

Le capital d'un emprunt peut se rééchelonner, se refinancer, s'allonger. Les intérêts, non : ils sont dus, chaque mois, quelle que soit l'année. La couverture des intérêts mesure donc le plancher absolu de votre service de la dette.

À 6 fois, vous pourriez perdre les cinq sixièmes de votre EBITDA et payer encore vos intérêts. À 1,5 fois, une mauvaise année suffit à vous mettre en défaut sur une clause de covenant, parfois avant même d'avoir un problème de trésorerie.

EBITDA ÷ Intérêts et charges assimilées
Les charges assimilées comptent les commissions de découvert, les frais d'affacturage et la part financière des loyers de crédit-bail.

Pourquoi ce ratio est redevenu central

Pendant les années de taux très bas, ce ratio était presque toujours confortable : la dette coûtait peu, donc les intérêts pesaient peu, même sur des encours élevés. La remontée des taux l'a remis au premier plan, parce que le même encours refinancé à un taux plus élevé fait mécaniquement chuter la couverture sans qu'aucun euro de dette nouvelle n'ait été souscrit.

C'est particulièrement vrai pour les entreprises financées à taux variable ou dont une part de l'endettement arrive à échéance et doit être renouvelée. Le test à faire est simple : recalculez votre couverture avec vos intérêts majorés de moitié, et regardez où vous atterrissez.

Mise en situation

Mise en situation : l'effet d'un refinancement

EBITDA
240 000 €
Intérêts payés, ancien financement
32 000 €
Couverture
7,5 fois
Intérêts après refinancement de la dette
68 000 €
Couverture recalculée
3,5 fois

L'entreprise n'a pas emprunté un euro de plus et sa couverture a été divisée par deux. Elle reste au-dessus du seuil de vigilance, mais elle n'a plus de marge pour un investissement financé à crédit cette année-là. C'est le genre de calcul à faire avant de signer, pas après.

Les repères et ce qu'ils déclenchent

CouvertureLectureConséquence habituelle
Plus de 6 foisTrès confortableLe coût de la dette n'est pas un sujet
3 à 6 foisNormalNiveau courant en PME endettée
1,5 à 3 foisVigilanceCovenant possible, marge de manœuvre réduite
Moins de 1,5 foisAlerteUne mauvaise année met l'entreprise en défaut

La fiche du ratio de couverture des intérêts Le capital aussi : la couverture du service de la dette

À éviterSigner un covenant de couverture des intérêts calculé sur l'EBITDA comptable sans vérifier le retraitement du crédit-bail. Selon la définition retenue dans le contrat, le même exercice peut vous mettre au-dessus ou en dessous du seuil. La définition se négocie au moment de la signature, jamais après.

Questions fréquentes

Ce ratio inclut-il le remboursement du capital ?

Non, uniquement les intérêts et charges assimilées. Pour intégrer le capital, il faut passer à la couverture du service de la dette, qui est un test plus exigeant et plus proche de votre trésorerie réelle.

Une couverture de 2 est-elle rédhibitoire ?

Pas automatiquement, mais elle laisse peu de marge : une baisse de moitié de l'EBITDA vous met à l'équilibre exact. Un financeur acceptera plus facilement si l'activité est récurrente et peu cyclique, et beaucoup moins si elle dépend de chantiers ou de quelques clients.

Sur le même sujet :couverture des intérêtsratio EBITDA sur charges financièrescharges financières trop élevéesinterest coverage PME

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