Faut-il augmenter son capital social ? Les trois cas où ça vaut la peine
Beaucoup de dirigeants ont créé leur société avec un capital symbolique, et se demandent si cela leur coûte quelque chose. La réponse honnête est : la plupart du temps non, sauf dans trois cas où cela coûte cher. Voici lesquels.
Ce que le capital social ne fait pas
Le capital social n'est pas une réserve d'argent : il a été apporté au départ et dépensé depuis. Ce que regarde un financeur, ce sont les capitaux propres dans leur ensemble — capital, réserves, report à nouveau, résultat — c'est-à-dire ce que les associés ont apporté plus ce que l'entreprise a gagné et conservé.
Une société au capital de 1 000 € qui a accumulé 400 000 € de réserves a 401 000 € de fonds propres, et elle sera analysée comme telle. Le montant du capital, pris seul, n'est pas un critère.
Les trois cas où l'augmenter sert vraiment
Le troisième cas est le plus fréquent et le moins coûteux. Beaucoup d'entreprises sont financées depuis des années par des comptes courants d'associés qui ne seront jamais réclamés. Les incorporer au capital ne fait entrer aucun argent nouveau, mais transforme une dette en fonds propres : l'autonomie financière et le gearing s'améliorent d'un coup, sans effort de trésorerie.
Mise en situation : incorporation d'un compte courant
- Capitaux propres avant
- 140 000 €
- Compte courant d'associé
- 210 000 €
- Total du bilan
- 1 050 000 €
- Autonomie financière avant
- 13 %
- Autonomie après incorporation
- 33 %
- Argent nouveau apporté
- 0 €
Vingt points d'autonomie financière gagnés sans un euro de plus. L'opération a un coût juridique modeste et des conséquences à mesurer — l'associé perd la possibilité de récupérer la somme librement, et la répartition du capital change. Elle se décide avec un professionnel, mais elle est trop souvent ignorée.
| Situation | Pourquoi ça compte | Modalité la plus fréquente |
|---|---|---|
| Capitaux propres sous la moitié du capital | Obligation de consulter les associés et de régulariser | Apport, ou réduction puis augmentation |
| Besoin de fonds propres pour un projet | Le financement externe suit les fonds propres | Apport en numéraire, entrée d'un investisseur |
| Comptes courants d'associés très importants | Ils restent de la dette tant qu'ils ne sont pas bloqués ou incorporés | Incorporation au capital |
Ce qu'il faut regarder avant de décider
- La perte de liquidité pour l'associé : un compte courant se rembourse, un capital ne se récupère qu'en cédant ses parts ou en liquidant.
- La dilution si l'apport vient d'un tiers : combien de capital pour combien d'argent, et avec quels droits.
- Le coût juridique de l'opération, modeste mais réel.
- Les conséquences fiscales, qui dépendent de la nature de l'apport et de la situation des associés : à traiter avec votre expert-comptable.
- L'alternative plus simple : une convention de blocage du compte courant, qui le fait reclasser en quasi-fonds propres sans changer la répartition du capital.
La fiche de la ligne « capital social » Compte courant d'associé : dette ou fonds propres ?
À éviterAugmenter le capital pour « faire sérieux ». Un capital élevé sans réserves ni rentabilité ne trompe personne, et l'argent apporté sera consommé par l'exploitation. Les fonds propres se construisent surtout par les résultats conservés, exercice après exercice.
Questions fréquentes
Un capital de 1 000 € bloque-t-il un crédit professionnel ?
Pas par lui-même. Ce qui bloque, ce sont des capitaux propres faibles, c'est-à-dire un capital faible ET pas de réserves. Si votre entreprise a accumulé des résultats, le capital nominal n'est pas un sujet. Certains appels d'offres et certains partenaires posent toutefois des exigences de capital minimum.
Peut-on augmenter le capital par incorporation de réserves ?
Oui, et c'est une opération purement interne : les réserves deviennent du capital. Attention, cela ne change rien au total des fonds propres et donc rien à votre analyse financière. L'intérêt est surtout d'affichage ou de structuration, et il faut en mesurer les conséquences avec un professionnel.
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