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Comment analyser son bilan

Analyser son bilan ne demande ni diplôme de comptable ni logiciel : en une heure et quatre chiffres, vous le lirez mieux que la plupart des dirigeants — et vous verrez votre entreprise comme la voit un analyste crédit. Voici les deux colonnes, les quatre chiffres qui disent presque tout, un cas chiffré déroulé jusqu'au bout, et les trois signaux qui doivent vous faire décrocher le téléphone.

1 septembre 2026 · 3 min de lecture · mis à jour le 6 octobre 2026

Les deux colonnes, en une phrase

À gauche, l'actif : tout ce que l'entreprise possède et utilise — les machines, les stocks, l'argent que les clients vous doivent, celui qui dort en banque.

À droite, le passif : d'où vient l'argent qui a payé tout ça — les associés, les banques, les fournisseurs. Les deux colonnes sont toujours égales : chaque euro possédé vient de quelque part.

Les quatre chiffres qui disent presque tout

  • Les fonds propres : ce qui resterait aux associés si on arrêtait tout aujourd'hui. S'ils grimpent, l'entreprise se solidifie.
  • Le résultat d'exploitation : ce que rapporte votre métier, avant les histoires de banque et d'impôt. C'est la santé du moteur.
  • La trésorerie nette : combien de jours de charges vous tenez sans rentrée d'argent. Le vrai thermomètre.
  • Le taux d'endettement : vos dettes bancaires rapportées à vos fonds propres. Votre marge pour emprunter encore.

Analyser son bilan sur un cas chiffré

Mise en situation

Prenons une PME de services, pour montrer les quatre calculs

Total du bilan
860 000 €
Fonds propres (capital, réserves, résultat)
215 000 €
Dettes bancaires à plus d'un an
260 000 €
Trésorerie nette (disponibilités moins découvert)
48 000 €
Charges courantes mensuelles
72 000 €
Résultat d'exploitation
63 000 €
Part des fonds propres dans le bilan
215 000 / 860 000 = 25 %
Taux d'endettement (dettes bancaires / fonds propres)
260 000 / 215 000 = 1,21
Trésorerie en jours de charges
48 000 / 72 000 × 30 = 20 jours

Trois lectures en une : un quart du bilan appartient aux associés, chaque euro de fonds propres porte 1,21 € de dette bancaire, et la trésorerie tient vingt jours de charges. Aucun de ces chiffres n'est bon ou mauvais dans l'absolu — c'est leur évolution sur trois exercices qui parle. Les montants sont une illustration arithmétique, pas une entreprise réelle.

Comparer, toujours

Un chiffre seul ne veut rien dire. Une marge de 4 % est excellente dans le négoce et inquiétante dans le conseil. Le bon réflexe est double : comparez-vous à vous-même sur trois exercices, et à votre secteur.

C'est l'évolution qui raconte l'histoire. Une marge qui passe de 8 % à 4 % en deux ans alerte davantage qu'une marge stable à 4 % depuis dix ans.

Les signaux qui doivent vous arrêter

Trois situations méritent que vous posiez le document et que vous appeliez quelqu'un : des fonds propres devenus inférieurs à la moitié du capital social, une trésorerie nette qui ne couvre plus que quelques jours de charges fixes, et des délais de paiement clients qui dépassent le plafond légal.

Le premier signal est aussi une obligation. Lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés doivent être réunis dans les quatre mois suivant l'approbation des comptes pour décider s'il y a lieu de dissoudre la société. Depuis la loi du 9 mars 2023, la dissolution n'est plus l'issue mécanique : si elle n'est pas décidée, la société dispose de deux exercices pour reconstituer ses capitaux propres, puis, à défaut, doit réduire son capital — et le risque de dissolution ne vise que les sociétés qui, après ce délai supplémentaire, n'ont pas ramené leur capital au seuil fixé par décret, soit 1 % du total du bilan pour les SARL et les SAS.

Le troisième signal, lui, se mesure contre un texte. L'article L441-10 du Code de commerce plafonne le délai de paiement convenu entre professionnels à soixante jours à compter de la date d'émission de la facture, ou, par dérogation expressément stipulée au contrat, quarante-cinq jours fin de mois. Si le poste « clients » de votre bilan correspond à davantage, ce n'est plus un usage de secteur : c'est un délai que vous financez.

Aucune de ces situations n'est fatale. Toutes se traitent beaucoup mieux six mois avant qu'un mois après.

60 joursle délai de paiement maximal de droit commun entre professionnels, à compter de la date d'émission de la facture (45 jours pour une facture périodique)Source : Code de commerce, article L441-10, Légifrance

Questions fréquentes

Comment analyser son bilan quand on n'est pas comptable ?

En lisant d'abord les deux colonnes — l'actif, ce que l'entreprise possède ; le passif, d'où vient l'argent qui l'a payé — puis quatre chiffres seulement : les fonds propres, le résultat d'exploitation, la trésorerie nette et le taux d'endettement. Chacun se calcule à partir de lignes qui figurent telles quelles dans votre liasse fiscale, et c'est leur évolution sur trois exercices qui donne le sens.

Quels sont les quatre chiffres à regarder dans un bilan ?

Les fonds propres, qui mesurent ce qui resterait aux associés ; le résultat d'exploitation, qui mesure ce que rapporte le métier avant banque et impôt ; la trésorerie nette, convertie en jours de charges pour savoir combien de temps vous tenez sans encaisser ; et le taux d'endettement, soit les dettes bancaires rapportées aux fonds propres, qui mesure la marge restante pour emprunter.

Que se passe-t-il si les fonds propres tombent sous la moitié du capital social ?

Les associés doivent être réunis dans les quatre mois suivant l'approbation des comptes pour décider s'il y a lieu de dissoudre la société. Depuis la loi du 9 mars 2023, si la dissolution n'est pas décidée, la société a deux exercices pour reconstituer ses capitaux propres, puis doit à défaut réduire son capital ; la dissolution ne menace que les sociétés qui, passé ce délai, n'ont pas ramené leur capital au seuil fixé par décret — 1 % du total du bilan pour les SARL et les SAS.

Quel délai de paiement peut-on accorder à un client professionnel ?

Soixante jours au maximum à compter de la date d'émission de la facture, selon l'article L441-10 du Code de commerce, ou quarante-cinq jours fin de mois si cette dérogation est expressément stipulée au contrat et ne constitue pas un abus manifeste. Pour une facture périodique, le plafond est de quarante-cinq jours.

Sources

Les chiffres et les règles cités dans cet article viennent de ces publications. Elles sont officielles ou nommément signées : vérifiez-les.

  1. Code de commerce, article L441-10 (délais de paiement entre professionnels) — Légifrance (consulté le 6 octobre 2026)
  2. Code de commerce, article L223-42 (capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social) — Légifrance (consulté le 6 octobre 2026)
  3. Nouvelle procédure en cas de perte de la moitié du capital — Bpifrance Création (consulté le 6 octobre 2026)
  4. Délais de paiement : les règles à connaître — DGCCRF, ministère de l'Économie (consulté le 6 octobre 2026)

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