Taux du crédit professionnel en hausse et suramortissement industriel : l'actu de la semaine
Plusieurs nouvelles comptent cette semaine pour un dirigeant qui prépare un investissement. Le taux du crédit professionnel est remonté en septembre, les plafonds d'usure ont changé le 1er octobre, le projet de loi de finances pour 2027 crée une déduction fiscale supplémentaire pour les équipements industriels, et la première région vient d'ouvrir un guichet d'aide à la modernisation de l'outil de production. Voici les faits, leurs sources, et ce qu'ils changent pour un dossier en cours.
5 octobre 2026 · 8 min de lecture
Ce qu'il faut retenir cette semaine
Emprunter coûte un peu plus cher qu'en août : le taux moyen des financements nouveaux obtenus par les entreprises françaises est passé de 3,35 % à 3,42 % en septembre 2026, d'après les statistiques de crédit de la Banque de France. C'est peu, mais c'est une hausse.
Deux textes méritent ensuite votre attention. Les plafonds d'usure, c'est-à-dire les taux maximum qu'un crédit peut légalement porter, ont été renouvelés pour le dernier trimestre. Et le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre en Conseil des ministres, crée une déduction fiscale pour les entreprises qui achètent des équipements industriels — un projet de loi n'est pas une loi, rien n'est encore voté.
Les taux : 3,42 % en moyenne pour les financements nouveaux en septembre, après 3,35 % en août.
L'usure : de nouveaux plafonds s'appliquent du 1er octobre au 31 décembre 2026.
Le budget 2027 : un suramortissement pour les équipements industriels des PME et des entreprises de taille intermédiaire, à l'état de projet.
Les régions : le premier guichet de modernisation industrielle de France 2030 régionalisé est ouvert depuis le 1er octobre.
Les taux : le taux du crédit professionnel est remonté en septembre
Une précaution de lecture d'abord. Un taux publié par la Banque de France est une moyenne constatée sur des crédits déjà accordés, à des milliers d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Ce n'est pas un barème, et personne ne peut vous promettre ce chiffre-là. Son intérêt est ailleurs : il dit dans quelle direction le vent souffle, et votre banquier lit les mêmes publications que vous.
Le coût des financements nouveaux remonte à 3,42 %
En septembre 2026, le taux moyen des financements nouveaux des sociétés non financières atteint 3,42 %, après 3,35 % en août, sous l'effet combiné d'une hausse du crédit bancaire (3,45 %) et des titres de dette (3,37 %). Dans le même temps, les crédits à l'investissement restent le moteur de la demande : l'immobilier d'entreprise progresse de 4,1 % et l'équipement de 4,0 %, alors que les crédits de trésorerie continuent de reculer (- 2,7 % après - 3,2 %). Ce que cela dit d'un dossier en cours : on prête, et surtout pour de l'investissement matériel — une demande de machine est aujourd'hui mieux placée qu'une demande de trésorerie.
De nouveaux plafonds d'usure depuis le 1er octobre
La Banque de France a publié le 28 septembre 2026 les seuils de l'usure applicables du 1er octobre au 31 décembre. Pour les découverts en compte des personnes morales ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale, le plafond s'établit à 19,08 %, pour un taux effectif moyen pratiqué de 14,31 % au trimestre précédent. Le taux de l'usure n'est pas un tarif : c'est une limite légale au-delà de laquelle un crédit devient irrégulier. L'écart avec le coût d'un crédit d'investissement dit l'essentiel : un découvert est, de très loin, le financement le plus cher que vous puissiez utiliser. Si le vôtre est structurellement dans le rouge, c'est un crédit de trésorerie qu'il faut négocier, pas un découvert qu'il faut étendre.
Le chiffre à retenir : votre taille compte, votre dossier compte plus
La moyenne de 3,42 % masque un écart que tout dirigeant de PME connaît sans l'avoir chiffré : à conditions de marché identiques, une grande entreprise emprunte moins cher, parce qu'elle présente moins de risque de contrepartie et négocie sur des volumes plus lourds. L'écart constaté en septembre est d'environ un quart de point.
Mettons ce quart de point à sa place. Sur un financement de matériel de 200 000 euros, il pèse quelques centaines d'euros d'intérêts par an : réel, mais ce n'est pas ce qui fait ou défait un projet. Un bilan lisible et une capacité d'autofinancement qui couvre les échéances comptent davantage.
3,42 %le taux moyen des financements nouveaux des PME en septembre 2026, contre 3,18 % pour les grandes entreprises et 3,64 % pour les entreprises de taille intermédiaireSource : Banque de France, statistiques de crédit, données de septembre 2026
Les dispositifs : un suramortissement industriel dans le budget 2027
C'est la nouvelle de la semaine pour qui prépare un achat de machine. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026 en Conseil des ministres, contient un dispositif que l'industrie attendait : une déduction fiscale au-delà de l'amortissement normal, sur certains équipements neufs.
Un mot de vocabulaire. Un suramortissement n'est pas une subvention et ne vous apporte pas de trésorerie : il vous autorise à déduire de votre résultat imposable davantage que la valeur du bien, ce qui réduit votre impôt sur les sociétés pendant la durée de la déduction. L'avantage réel dépend donc de votre taux d'imposition et du fait d'être bénéficiaire : une entreprise en déficit n'en tire rien l'année où elle investit.
Un suramortissement « industrie 4.0 » pour les PME et les ETI
Le projet créerait un nouvel article 39 decies H du code général des impôts, permettant aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) soumises à un régime réel d'imposition de déduire de leur résultat, en plus de l'amortissement classique, une fraction de la valeur de biens neufs affectés à une activité industrielle. Huit catégories de biens sont visées : robots et cobots, fabrication additive, machines à commande numérique, logiciels de conception ou de maintenance, capteurs installés sur les sites de production, équipements de stockage et de traitement de données, connexion sans fil pour objets industriels critiques et technologies immersives. La fraction déductible irait de 40 % à 120 % selon la taille de l'entreprise et sa zone d'implantation, pour des biens acquis entre le 1er janvier 2027 et le 31 décembre 2029, sur commandes fermes passées à compter de la présentation du texte en Conseil des ministres. La déduction serait étalée sur la durée normale d'utilisation du bien et resterait ouverte aux biens pris en crédit-bail. Tout cela reste un projet : le texte doit être discuté et voté avant la fin de l'année, et il peut changer d'ici là.
Les régions : le premier guichet de modernisation industrielle est ouvert
L'État et les régions ont ajouté un cinquième axe à France 2030 régionalisé, consacré aux projets de modernisation et d'adoption de technologies avancées. Il s'adresse aux très petites entreprises (TPE), aux PME et aux ETI industrielles, et finance l'acquisition d'équipements et de logiciels. Montants et calendrier dépendent de la convention signée avec chaque région.
Le Grand Est ouvre les dépôts depuis le 1er octobre
Le Grand Est est le premier territoire à déployer ce nouvel axe. Les dépôts de dossiers sont ouverts depuis le 1er octobre 2026 et courent jusqu'au 31 décembre 2027, ou jusqu'à épuisement des crédits disponibles. L'appel à projets est opéré par Bpifrance pour le compte de l'État. L'enveloppe est de 8 millions d'euros, cofinancée à parité par l'État et la région. Les projets industriels sont éligibles à partir de 100 000 euros d'investissement, et la subvention peut atteindre 30 % des dépenses éligibles. Le dispositif doit se déployer progressivement dans les autres régions à compter de la rentrée 2026. Si votre projet est dans ces ordres de grandeur, la question à poser à votre région ou à votre chambre de commerce est simple : la convention est-elle signée chez nous, et quand le guichet ouvre-t-il ?
Les secteurs : le bâtiment attaque une quatrième année de recul
Les chiffres de secteur ne sont pas un détail pour un dossier de financement. Un analyste crédit lit votre bilan dans le contexte de votre activité : à chiffres égaux, un dossier déposé dans un secteur qui recule est instruit avec plus de prudence.
La Fédération française du bâtiment révise son année en baisse
Lors de sa conférence de presse de rentrée, le 15 septembre 2026, la Fédération française du bâtiment a annoncé un recul de 0,3 % de l'activité du bâtiment en volume sur l'ensemble de 2026, ce qui porte la baisse à 12,3 % sur quatre ans. La fédération chiffre à 20 000 le nombre d'emplois détruits en 2026, salariés, intérimaires en équivalent temps plein et non-salariés confondus, soit près de 60 000 sur quatre ans. Pour une entreprise du bâtiment qui prépare un financement de matériel, la conséquence pratique est de documenter son carnet de commandes : c'est la pièce qui montre que votre situation n'est pas la moyenne de votre secteur.
3,42 % en moyenne en septembre, après 3,35 % en août
Vérifier la date de validité d'une offre déjà obtenue avant de la laisser expirer
Les plafonds d'usure
Nouveaux seuils applicables du 1er octobre au 31 décembre 2026
Comparer le coût réel de son découvert à celui d'un crédit de trésorerie négocié
Le budget 2027
Un suramortissement des équipements industriels, à l'état de projet
En parler à son expert-comptable avant d'arrêter la date de commande d'une machine
Les aides régionales
Premier guichet de modernisation industrielle ouvert depuis le 1er octobre
Demander à sa région ou à sa chambre de commerce si le guichet est ouvert sur son territoire
À éviterAucune de ces nouvelles ne change la logique d'un dossier : on ne choisit pas la date d'un investissement pour un quart de point de taux ou pour une mesure qui n'est pas votée. On la choisit quand le matériel est nécessaire et que l'entreprise peut porter l'échéance. Pour tout ce qui touche à l'impôt et aux dates de commande, la réponse appartient à votre expert-comptable.
Questions fréquentes
Quel est le taux moyen d'un crédit professionnel en 2026 ?
En septembre 2026, le taux moyen des financements nouveaux des sociétés non financières s'établit à 3,42 %, contre 3,35 % en août, selon les statistiques de crédit de la Banque de France. Ce chiffre est une moyenne constatée sur des crédits déjà accordés, toutes tailles et tous secteurs confondus : il ne préjuge en rien du taux d'un dossier précis.
Qu'est-ce que le suramortissement industrie 4.0 du PLF 2027 ?
C'est une déduction fiscale supplémentaire, prévue par le projet de loi de finances pour 2027 présenté le 1er octobre 2026, qui permettrait aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire de déduire de leur résultat imposable une fraction de la valeur de certains équipements industriels neufs, en plus de l'amortissement normal. Elle viserait des biens acquis entre 2027 et 2029. Le texte doit encore être discuté et voté.
Le suramortissement s'applique-t-il au crédit-bail ?
Dans la version du projet déposée au Parlement, la déduction resterait ouverte aux biens pris en crédit-bail. Comme pour le reste du dispositif, c'est une disposition de projet de loi : elle peut être modifiée pendant la discussion budgétaire.
Quel est le taux d'usure pour un découvert professionnel ?
Du 1er octobre au 31 décembre 2026, le taux de l'usure pour les découverts en compte des personnes morales ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale est de 19,08 %, pour un taux effectif moyen pratiqué de 14,31 % au trimestre précédent. C'est un plafond légal, pas un tarif.
Comment savoir si ma région propose une aide à l'investissement industriel ?
Le cinquième axe de France 2030 régionalisé se déploie région par région, par convention entre l'État et chaque conseil régional, à compter de la rentrée 2026. Le Grand Est a ouvert ses dépôts le 1er octobre 2026. Pour les autres territoires, l'information se vérifie auprès du conseil régional ou de la chambre de commerce et d'industrie.
Sources
Les chiffres et les règles cités dans cet article viennent de ces publications. Elles sont officielles ou nommément signées : vérifiez-les.
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